Marre Des Critiques A La Con
Commentaires bienvenus mais le train de vos injures roulera sur les rails de mon indifférence.
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voici mon analyse personnelle très singulière de ce film à l'éclairage de mon triste vécu, aux prises avec le
Par Brulé+Parlesillumi, le 17.03.2013
pk sur youtube vous ne mettai pas the mask en entier meme les autre film car beaucoup de gens voudrai voir le
Par duhail, le 07.11.2012
ben flûte alors....moi qui voulais le regarder....ma is avec le temps j'ai appris à te faire confiance!http :/
Par Natha, le 25.09.2012
super généreux côté note!http://hu meurs.centerbl og.net
Par Natha, le 25.09.2012
merci hugo, j'ai rectifié de suite !http://marred escritiquesala con.centerblog .net
Par marredescritiquesa, le 10.04.2012
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Date de création : 24.05.2006
Dernière mise à jour :
03.09.2012
194articles
Bonjour à tous,
En cette rentrée 2012, vous serez peut-être content de savoir que j'ai repris du service. La suite se passe par contre sur film-nerd.fr.
A bientôt !
Bonjour à tous,
Pour cause d'agenda qui s'annonce plutôt chargé dans le mois à venir, je fais une petite pause. Je continuerai à donner mon avis sur les sorties par le biais de mes tweets, en commençant par The Avengers !
Twitter : @frenchmovienerd
Le premier tour des élections présidentielles est désormais derrière nous mais, autant le dire, l’agitation ne risque pas de diminuer dans les deux semaines qui viennent entre les innombrables questionnements sur les reports de voix du FN, les interrogations sur le futur de l’UMP en cas de défaite, les « Attends, Mélenchon, il vient d’appeler à voter Hollande ou pas ? » ou les « Le pauvre Bayrou, il est parti pour faire sa traversée du désert avec Marielle et Philippe». Si cela vous gonfle, vous agace, vous énerve, vous horripile ou si je viens seulement de vous apprendre que des élections viennent d’avoir lieu, le moment est peut être bien choisi pour vous couper du monde pendant deux petites heures et profiter d’un bon moment de détente avec Radiostars, le premier film de Romain Lévy qui avait officié en tant que scénariste sur Cyprien. Comment cela je le vends mal mon produit ?
Radiostars, c’est d’abord l’histoire de Ben (Douglas Attal) qui revient de New York après plusieurs mois où il a tenté de percer dans le stand-up sans succès. De retour à Paris, il fait la rencontre d’Alex (Manu Payet), un animateur travaillant dans la première matinale de France, le Breakfast Club sur Blast FM. Ben est sur le champ engagé comme auteur pour l’émission au moment même où elle vient de passer numéro 2 en termes d’audience. Le producteur du Breakfast Club oblige alors ses animateurs à effectuer un tour de France pour récupérer les auditeurs qu’ils ont perdus.
Sans être méchant, il faut avouer que Radiostars n’a pas, sur le papier, de multiples arguments en sa faveur. Entre un réalisateur débutant dont le CV n’est pas des plus reluisants (avouez que vous avez eu envie d’arrêter de lire à « scénariste sur Cyprien »), un Clovis Cornillac qui rendrait superstitieux le plus cartésien des individus nourris aux chiffres du box-office et un casting sans grande tête d’affiche, je n’attendais pas à être subjugué par le film. Je ne l’ai d’ailleurs pas été. Par contre, j’ai été agréablement surpris.
Radiostars, c’est le genre de road-movie entre potes que le cinéma français ne produit qu’une fois pas décennie. Alors, quand l’oiseau rare déploie ses ailes et s’envole, il y a intérêt à ce qu’il ne se crashe pas lamentablement. C’est loin d’être le cas et Romain Lévy imprime à son premier bébé un rythme et une énergie qui font un bien fou. Sans en retirer totalement le mérite au jeune réalisateur, cette réussite tient en premier lieu à la bande d’acteurs rassemblés à l’écran. Sans exception, ils sont très bons ; leurs répliques et leur dynamique de groupe crèvent les yeux à chaque instant. De Manu Payet à Douglas Attal, de Clovis Cornillac à Pascal Demolon, tous sont au diapason.
La difficulté dans un tel film, c’est de ne pas laisser sur le bord de la route un seul personnage et d’assurer un équilibre qui peut parfois être précaire. Là encore, chaque personnage possède son histoire, plus ou moins importante, mais qui a un réel impact sur l’ensemble du groupe. Sur ce coup, on peut véritablement féliciter Romain Lévy et ses collaborateurs qui font de Radiostars une comédie ne cherchant pas seulement à reposer sur les vannes.
Des gags et des situations drôles, il y en a néanmoins beaucoup. Le film pourrait même être intitulé Splendeur et misère des courtes vannes (le détournement des titres de romans de Balzac n’est qu’un hobby parmi tant d’autres) tant les relations entre ces personnages sont conditionnées par l’obsession de trouver la réplique juste et faisant mouche à chaque instant dans une sorte de concours à la fois officiel (à l’antenne) mais qui se cultive également en dehors du travail, le but étant toujours d’aller le plus loin possible sans franchir la ligne jaune. L’humour de Radiostars, souvent vulgaire, parfois cru, n’est vraiment pas le plus fin qui soit mais c’est balancé très souvent de manière à ce que le rire ne soit jamais forcé. L’exemple le plus éloquent du style imprimé par Romain Lévy est la rencontre entre l’équipe du Breakfast Club et le rappeur Léonard de Vitry (Jacky Ido est même parvenu à me faire oublier l’horreur de son interprétation dans Inglorious Basterds) et sa femme dont les premières minutes sont un véritable déluge d’insultes avant d’être ponctué par une scène dans une voiture absolument irrésistible et se finissant par une réplique géniale. Radiostarsparvient donc à trouver le ton juste en s’inspirant du meilleur des comédies américaines de cette dernière décennie sans en reprendre les plus gros défauts lorsque la conclusion arrive. Certes, les bons sentiments fusent à la fin de Radiostars mais elle ne gâche en rien le film comme un cheveu qui viendrait se poser sur la soupe car trouvant sa justification logique tout au long du film.
Et puis retrouver Manu Payet dans Radiostars permet au film de lui donner une petite âme en plus. Lui qui a pendant des années sévi sur l’antenne de NRJ dans une matinale avant d’entamer une carrière de comédien incarne à l’écran un animateur de matinale finissant par devenir un comique faisant du stand-up. Inutile de le rappeler, les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.
Radiostars a remporté plusieurs récompenses dont le Grand Prix du festival de la comédie de L’Alpe-d’Huez. Les festivaliers ont plutôt eu bon goût cette année. Mais comme il n’y a pas qu’une bonne raison pour aller voir le film de Romain Lévy, je vous ai fait une petite liste non exhaustive mais à caractère hautement incitatif :
- Si t’en as marre que tout le monde matraque Beethoven 6 sans raison,
- Si tu ne te souviens plus du dernier bon film que t’as vu avec Clovis Cornillac,
- Si tu n’as jamais pu choisir entre Jacques Dutronc et François Hardy,
- Si tu vides d’énormes quantités de vodka-Red Bull dans les soirées tout en étant persuadé que tu avales de la saloperie,
- Si tu jubiles intérieurement à chaque fois que tu vois un personnage porter un T-shirt avec la pochette de Check Your Head des Beastie Boys,
- Si tu as déjà gratté un ticket de Millionnaire en croyant avoir découvert les 3 TV,
- Si tu vas dans un pressing dont le patron a des liens très étroits avec Guy Bedos,
- Si tu n’as jamais pu réaliser ton rêve d’organiser un tournoi de Mortal Kombatdans ton cinéma UGC le plus proche (« j’ai une carte illimitée monsieur, j’ai des droits » ne semble malheureusement pas être une raison suffisante),
- Si tu as toujours considéré un Macdonald’s comme le premier refuge recherché par les gens en détresse (loin devant l’église locale),
- Si tu n’es dans aucun des cas précédents mais que cette liste a titillé ta curiosité,
alors Radiostars est le film qu’il te faut.
Note finale : 7/10
Twitter : @frenchmovienerd
Je ne suis pas un très grand fan des productions Luc Besson. Pour dire la vérité, cette accumulation de films d’action ayant fait le bonheur des admirateurs de Jet Li et de Jason Statham m’a souvent laissé de marbre. Et puis, en 2009, Besson et le réalisateur Pierre Morel eurent l’idée farfelue de transformer Liam Neeson en héros bad-ass dans Taken, un concentré de 90 minutes de folie furieuse. Pour le meilleur et pour le pire, Neeson a depuis capitalisé sur cette reconversion sur le tard (cf. tous ses films depuis Taken). La preuve qu’à 57 ans, on peut encore se reconvertir !
Nous sommes désormais en 2012 et la nouvelle production Besson s’appelle cette fois Lock Out. Aux manettes se trouve le duo de réalisateurs irlandais James Mather/Stephen St. Leger dont c’est le premier long-métrage. Le film tente de refaire le coup de Taken en essayant de convaincre le spectateur que Guy Pearce peut également être le héros de film d’action cool à la John McClane. Car Lock Out fleure bon le revival des années 80 avec son personnage principal fumant comme un pompier et rappelant également le Snake Plissken de New York 1997. Le classique de John Carpenter est même plus qu’une inspiration puisque le scénario de Lock Out est en grande partie pompé sur ce dernier. Si l’on est moins médisant, on dira qu’il s’agit d’un hommage très appuyé.
Snow (Guy Pearce), agent de la CIA, est accusé d’avoir ourdi une conspiration contre les Etats-Unis en plus d’avoir tué un de ses collègues dans une chambre d’hôtel. Dans son malheur, Snow a plutôt du bol puisque la prison de haute sécurité MS-1 située en orbite autour de la Terre est désormais contrôlée par ses prisonniers après une émeute. En quoi cela concerne le cher Snow ? Eh bien la fille du président des Etats-Unis, Emilie Warnock (Maggie Grace), se trouve sur MS-1 où elle y effectuait une visite afin d’évaluer la santé mentale des prisonniers. Une offre est faite à Snow : il sera libéré s’il consent à sauver Warnock. Cela tombe d’autant mieux qu’un des amis de Snow emprisonné sur MS-1 détient la preuve de son innocence.
Si vous avez vu New York 1997 et Los Angeles 2013, tout ceci est censé vous rappelez un très vague souvenir à la seule différence que cela se situe désormais dans l’espace. Les premières minutes de Lock Out sont très encourageantes. Dès le générique, on est agréablement surpris par la décontraction et le je-m’en-foutisme de Guy Pearce qui donne immédiatement le ton du reste du film : tout cela a réellement le parfum de la bonne série B d’antan avec ses répliques à deux balles, ses méchants dont les capacités cognitives flirtent avec les limites autorisées par l’appartenance à l’espèce humaine et surtout ses exécutions par dizaines. Bref, dès le départ, le capital sympathie de Lock Outest plutôt intéressant.
Passés ces premiers moments, une scène de course-poursuite en moto nous rappelle qu’être une série B signifie également que le budget est limité (entre 20 et 30 millions de dollars pour Lock Outselon les sources). Pour être totalement franc, je ne pensais pas voir des effets spéciaux aussi hideux au cinéma en 2012. A moins que cela ne soit un autre hommage, cette fois destiné aux plus belles heures des cinématiques de la PlayStation 2 ? Si c’est le cas, c’est drôlement réussi. Il n’empêche que cette minute surréaliste rappelle un certain Torque. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec Torque, sachez qu’il s’agit d’une sorte de mauvais Fast and Furious avec des motos à la place des voitures. Tout un programme, n’est-ce pas ? Techniquement, le reste du film est tout de même plus soigné et aucune scène par la suite ne vous troublera autant que ce rodéo urbain absolument incompréhensible.
Comme évoqué ci-dessus, l’immense atout de Lock Outest Guy Pearce. L’acteur parvient à effectuer un mix McClane/Plissken tout en y apportant sa petite touche personnelle avec un naturel vraiment désarmant. Les scènes qu’il partage avec Maggie Grace sont même les plus réussies, l’actrice parvenant parfois à faire jeu égal dans un type de relation déjà vu mille fois mais qui fonctionne plutôt bien pour le coup. Lorsque l’on a de son côté un personnage principal aussi charismatique et réussi, on se dit qu’il serait vraiment scandaleux de foirer tout le reste. C’est pourtant ce qu’arrivent à faire Mather, St. Leger et Luc Besson qui, en plus de produire le film, a participé à l’écriture du scénario.
A part le duo Pearce/Grace, il est vraiment très difficile de retenir autre chose de Lock Out. L’action, nerf de la guerre de la maison Besson, est vraiment loin de susciter l’enthousiasme et on aimerait vraiment que la première baston du film, plutôt bien troussée, ne soit pas la plus marquante. Tout ce qui suit est plutôt mou du genou voire même vraiment frustrant. C’est bien joli de dégommer tout ce beau monde à la mitraillette et au fusil mais vous n’auriez pas quelque chose d’un peu plus stimulant à proposer ? A part l’idée du collier explosif saccagée par le scénario – dans un film d’action, quand tu présentes une arme cool, c’est peut-être pas une bonne idée de l’utiliser seulement cinq minutes après – rien de neuf sur MS-1.
Si le tandem Pearce/Grace carbure à plein à l’écran, dire la même chose du côté des chefs des émeutiers serait se montrer un peu trop généreux à l’égard de Vincent Regan et Joseph Gilgun qui en font vraiment trop dans le genre tête froide – tête brûlée. Ils ne sont pas aidés non plus par un scénario dont l’intérêt général est plus que discutable. Toute ce qui concerne la quête de Snow afin de retrouver son ami Mace emprisonné sur MS-1 est tellement traité par-dessus la jambe et avec si peu de subtilité qu’on se dit vraiment que les réalisateurs nous prennent un peu pour des jambons au moment de la «révélation finale ».
Ce sentiment d’être pris pour des crétins transparaît également par petites touches assez énervantes. Que chaque nouveau personnage soit présenté par un petit écriteau du type « Frank Washington – Agent de la CIA » passe encore même si cela constitue déjà un flagrant délit de paresse des scénaristes ; mais que chaque endroit comme la prison MS-1 soit présenté de la même façon à plusieurs reprises est un petit détail qui m’a fait bondir de mon siège. Ne pas chercher à trop égarer le spectateur quand il s’agit d’un film exigeant est une intention louable. Dans le cas de Lock Out, ce n’était pas vraiment indispensable.
Malgré tous ses défauts, Lock Outn’est pas un ratage total par la simple présence de Guy Pearce. La petite déception que l’on peut éprouver devant le film tient principalement au fait que le reste du film n’est décidément pas à la hauteur de son personnage principal. Pour cette raison, je ne suis pas forcément opposé à l’idée d’une suite qui permettrait aux réalisateurs de rectifier le tir afin de livrer un opus digne de Snow. Pourquoi ne pas faire un crossover entre Takenet Lock Out intitulé Taken Out avec le duo Neeson/Pearce ?
Note finale : 4/10
Twitter : @frenchmovienerd
Lock Out, digne représentant de la machine Besson.
F1, G8, B12… Si ces sigles composés de chiffres et de lettres ne vous font pas immédiatement penser au monde de la course automobile, à la politique internationale et à la vitamine également appelée cobalamine, c’est peut-être parce que vous avez passé trop de temps à jouer à Touché Coulé, ce jeu de bataille navale sollicitant vos méninges avec parcimonie. Suite à l’immense succès commercial de la trilogie Transformers, la firme de jouets Hasbro a réussi à refourguer à Universal l’idée saugrenue d’adapter Touché Couléau cinéma. Comme un studio ne renonce devant aucun défi artistique, aussi insurmontable soit-il, Universal a dit « Banco ! » Relativisons l’exploit tout de suite, Peter Berg s’est contenté de garder le titre Battleship pour profiter de l’aura de la « marque » car, pour tout le reste, cela s’apparente beaucoup plus à un Transformers 3.5, en moins bien ou en pire en fonction de l’attachement que vous pouvez avoir vis-à-vis de la franchise de Michael Bay.
Battleshipcommence par un gros malentendu. Les quinze premières minutes laissent en effet présager que l’on va découvrir un film vraiment fun, drôle et jouant sur le second degré pour nous faire avaler cette énième invasion d’extraterrestres. Ainsi, de la rencontre entre Alex Hopper (Taylor Kitsch) et Samantha (Brooklyn Decker) à la finale du tournoi de football opposant le Japon et les Etats-Unis jouant merveilleusement avec les attentes, je me suis dit : « voilà qui s’annonce intéressant ! » Après tout, rien que l’idée d’une finale de football opposant Japon et Etats-Unis possède un capital comique loin d’être négligeable. Et puis, une fois cette introduction passée, Peter Berg se fourvoie en fonçant tête la première vers les clichés et les facilités les plus énervantes.
Faire la liste de tous ces errements serait bien trop long et fastidieux mais si vous avez vu Independence Day, Transformers et Top Gun, l’intérêt de s’infliger la vision de Battleshipfrôle le zéro. Alors certes, il y a quand même un semblant de scénario pour justifier ce déluge de bruit et de fureur mais là n’était pas de toute façon la plus grande ambition artistique du projet dès que le feu vert fut obtenu. Je résume la chose tout de même pour vous laisser seuls juges de l’affaire.
Alex Hopper est un type de 26 ans qui a tout raté dans sa vie jusqu’au soir où il rencontre dans un bar Samantha. Si le contact est difficile à établir, le courant finit par très bien passer entre les deux – pour les spectateurs inconscients ayant déjà vu Battleship,cette phrase contient une tentative humoristique d’une finesse sans égale. Le frère d’Alex (Alexander Skarsgard), confronté à ce terrible ratage fraternel, se décide à prendre les choses en main et l’oblige à s’engager comme lui au sein de la Navy. Le temps passe et Alex se décide à demander la main de Samantha à son père, l’amiral Shane (Liam Neeson) juste avant qu’un entraînement d’envergure internationale ne se prépare… Ah j’allais oublier, des extraterrestres ont débarqué entre temps !
Evacuons pour un moment les problèmes de caractérisation des personnages, de rebondissements ridicules et de dialogues écrits avec une version alpha d’un logiciel de reconnaissance vocale pour se concentrer sur l’action, l’argument numéro un de ce genre de productions. Comme c’était déjà le cas dans La colère des titansil y a quinze jours, les scènes d’action de Battleship ont du mal à susciter autre chose que l’ennui. Il n’y a vraiment rien de neuf et d’original dans ces affrontements entre les courageux militaires et les extraterrestres un peu limités intellectuellement. Bien sûr, les effets spéciaux ont impressionnants. Bien sûr, vous pourrez faire péter vos systèmes audio 7.1 quand le Blu-Ray sortira. Mais, franchement, qu’est-ce que c’est chiant ! En fait, les problèmes de scénario et de mise en scène de l’action se rejoignent puisque la répétitivité de l’un a pour conséquence l’ennui suscité par l’autre. Voici le schéma scénaristique de Battleship contenant le maximum de spoilers possibles : on attaque, le bateau est coulé, on prend un autre navire, on attaque, le bateau est coulé, on prend un autre navire, on attaque, on a gagné, le film est fini, adieu la compagnie !
Lorsqu’il s’agit de filmer des combats au corps à corps, Berg cède aux sirènes de la caméra qui ne laisse le spectateur qu’entrapercevoir ce qui se passe réellement. Disons que cela permet de faire office de cache-misère en ce qui concerne le design des méchants E.T. allègrement pompé sur les plus grands hits du monde vidéo-ludique. Les petits gars des effets spéciaux passeraient un peu trop de temps sur Mass Effect, Gears of Waret surtout Halo que cela ne surprendrait pas grand monde. Comme il y a pire comme source d’inspiration, on pourrait très bien leur accorder le bénéfice du doute. Mais Battleship va encore plus loin qu’un Transformers en ne nous donnant que le minimum d’informations sur les motivations et les origines de ces extraterrestres. Ils sont juste là parce qu’il faut des méchants. Les gars, l’idée de départ, c’était pas de faire un Touché Coulé géant ? Au milieu de ces marées de pixels frôlant parfois l’abstraction avant-gardiste la plus totale, il y a malgré tout une scène tentant de justifier le titre Battleship. L’occasion pour les protagonistes de s’émerveiller devant l’intelligence des envahisseurs. On se contente de peu à la Navy.
Car, il faut le dire, ces hordes d’immigrés venus d’une autre galaxie sont parmi les plus ridicules jamais crées sur grand écran. Capables d’effectuer des voyages interstellaires, ils n’ont par contre pas compris l’intérêt de développer des armes à feu (il paraît que cela peut servir en temps de guerre). Inventant des vaisseaux et des armures d’une technologie incroyablement supérieure à la nôtre, il se trouve qu’ils ne supportent pas la lumière du soleil. Au fait, au début du film, il n’est pas expliqué que leur terre d’origine possède les mêmes caractéristiques que la nôtre (atmosphère, distance par rapport à une étoile faisant office de soleil…) ? Va savoir…
Pour les défenseurs de Battleship, car il y en a et il y en aura, ce serait le moment idéal d’avancer l’argument ultime : tout ceci serait à prendre au second degré. Et là, je dis « objection » ! Si tout le film était dans la veine des toutes premières minutes, je pourrais être en accord. Mais là, sur les 131 minutes, les indices pointant vers cette conclusion sont trop maigres pour faire pencher la balance en faveur de Peter Berg. A moins qu’involontairement tout cela ne soit du second degré involontaire. Ce serait accorder plus de subtilité à Battleship qu’il n’est permis. Je serais néanmoins juste : la scène finale tend indéniablement vers la dérision, du moins je l’espère. Si c’est du premier degré, c’est grave. Si c’est du second degré, c’est juste raté.
Je finirais en mentionnant la performance de l’argument marketing Rihanna afin d’attirer consommateurs et consommatrices âgés de 14 à 25 ans. Je serais clair et bref : elle est tout simplement risible. Déjà qu’un acteur confirmé aurait du mal à déblatérer de tels dialogues sans lever les yeux au ciel, imaginez le massacre que cela peut-être avec Rihanna. Celle-ci décroche le pompon lors d’un « What ?! » parfait de nullité et d’amateurisme. Quant au monologue portant sur son père visionnaire, on préférera se boucher les oreilles par pudeur.
J – 8 avant The Avengers qui aura la tâche de redorer le blason du blockbuster bourrin.
Note finale : 2,5/10
Twitter : @frenchmovienerd
P.S : si toi aussi tu ne veux pas voir Liam Neeson finir comme Nicolas Cage, sache que tu n‘es pas seul !
Les Village People dans Battleship, cela aurait une autre gueule quand même !
Après des années de développement, Alain Chabat est enfin parvenu à réaliser son rêve d’adapter au cinéma les aventures du Marsupilami, animal étrange mais ô combien sympathique créé par Franquin, également auteur de nombreux albums de Spirou et de Gaston Lagaffe. Sur la piste du Marsupilamiest la seconde incursion de l’ex-Nul dans l’univers de la bande dessinée, dix ans après l’énorme succès (mérité) de Mission Cléopâtre. Chabat a attendu des années afin que la technique lui permette de créer un Marsupilami suffisamment convaincant pour ne pas vouer son film aux gémonies des fans de l’animal. Disposant d’un budget conséquent de 40 millions d’euros, le réalisateur avait donc une grosse pression sur ses épaules.En possession des droits du Marsupilami mais pas de ceux de Spirou et Fantasio, Chabat s’éloigne du monde de Franquin pour adapter la BD à sa sauce comme il avait pu le faire avec Axtérix.
Dan Geraldo (Alain Chabat) est un journaliste qui a du plomb dans l’aile ; l’audience de l’émission qu’il anime ne cesse de baisser. Pour remédier à cela, sa patronne lui ordonne de retourner en Palombie afin d’interviewer le chef de la tribu paya, seize ans après avoir couvert un conflit dans ce même pays. Une fois arrivé, il doit être escorté par le Palombien Pablito (Jamel Debbouze) mais il est enlevé par le général Pochero (Lambert Wilson) dès son arrivée avant d’être envoyé en prison pour atteinte à la personne de Céline (non, pas l’écrivain mort). Dans ces geôles, il retrouve Pablito et, ensemble, ils s’évadent pour entamer leur périple sur la trace des Payas. Dans leur aventure, ils vont croiser la route du Marsupilami, un animal convoité par le botaniste Hermoso (Fred Testot) pour sa capacité à trouver des orchidées ayant des propriétés rajeunissantes.
Il n’y a pas besoin de chercher midi à quatorze heures pour se rendre compte que Sur la piste du Marsupilami est un film de Chabat et ceux qui n’apprécient pas son style d’humour ont très peu de chance d’aimer son dernier film tant sa patte est reconnaissable. Comme pour Mission Cléopâtre, le Marsupilami est avant tout une comédie dans l’esprit des Nuls, à ceci près qu’ici le ton se fait un peu plus enfantin, l’idée étant de faire un film pour toute la famille et non une comédie s’adressant à un parterre de trentenaires nostalgiques des plus belles heures de Canal +. L’humour, omniprésent, est donc à la fois la grande force et la petite faiblesse du film. Ceux aimant ce style -j’en suis- se gondoleront plus d’une fois mais la sensation de déjà vu voire de réchauffé pointe parfois le petit bout de son nez.
Malgré cette petite réserve donc, le film est souvent drôle et même parfois assez absurde. Sans en dévoiler trop, une scène de prophétie sous hallucinogènes est particulièrement barrée. Surtout, la vision de Lambert Wilson dans une performance hilarante est un des moments les plus réussis et des plus surprenants pour qui se souvient qu’il y a moins de deux ans, le même acteur interprétait un religieux vivant dans un monastère d’Algérie dans Des hommes et des dieux…
Ce qui est également appréciable dans une telle comédie est de constater qu’il n’y a à aucun moment une baisse du rythme. Cela est dû en partie à une histoire plutôt correcte et à un casting dans l’ensemble au diapason. N’étant pas particulièrement fan de Debbouze, force est de constater que Chabat parvient une nouvelle fois à le rendre drôle et même attachant dans le rôle de cet homme qui cherche à démontrer à tout prix aux yeux de ses « enfants » qu’il n’est pas un menteur. Le duo d’acteurs est dans l’ensemble une des qualités du film mais les seconds rôles sont tout aussi bien concoctés, surtout de la part de Patrick Timsit et de Lambert Wilson.
Cependant, sans taxer Chabat de misogynie, le fait est qu’il semble apporter plus de soins aux rôles masculins qu’aux rôles féminins. Aïssa Maïga, qui interprète la patronne de Dan Geraldo, est vraiment peu à son aise et j’avoue que ce n’est pas la première fois que je la trouve mauvaise dans un film. Quant à l’excellente Géraldine Nakache, ce n’est pas son jeu qui est à remettre en cause mais son rôle qui n’a vraiment aucune utilité et aucun intérêt.
Et le Marsupilami ? C’était sans conteste la crainte la plus forte chez Chabat et le défi majeur. Nul doute que le film s’écroulerait d’un seul coup si les effets spéciaux numériques développés par les Parisiens de Buf n’étaient pas à la hauteur. Le résultat est plus que correct sans atteindre les cimes de Weta Digital sur un film comme Rise of the Planet of the Apes, les moyens humains, techniques et financiers étant bien sûr loin d’être les mêmes. Dans l’ensemble, les incrustations et les interactions avec les acteurs de chair et d’os sont crédibles. Les scènes de « combat » entre le Marsupilami et les humains sont vraiment réussies.
Concernant le design de l’animal en lui-même qui a quelque peu fait jaser sur la Toile lorsque les premières photos ont été rendues publiques, cela semble être un peu plus bancal. Le problème est que le Marsupilami de Chabat a trop l’allure d’une peluche et son visage manque de caractère par rapport aux bandes dessinées de Franquin ou aux dessins animés. On peut donc dire, d’une certaine façon, que le Marsupilami manque un peu… de chien. Je tempérerais mon avis en ajoutant malgré tout que la gestuelle de l’animal, notamment l’utilisation des attributs de sa queue, est véritablement la plus belle réussite technique du film. Ceci explique comment Chabat donne véritablement vie au couple de Marsupilamis se disputant dans leur nid, une scène rappelant à quel point l’album Le Nid des Marsupilamispouvait être un chef-d’œuvre du 9ème art.
Cette poésie transpirant de la plume de Franquin et qui faisait souvent des aventures du Marsupilami une bande dessinée rendant hommage aux films comiques muets est malheureusement un peu trop absente dans la version cinéma de Chabat, à quelques exceptions près. Ce dernier remporte néanmoins son pari en livrant une comédie réussie parvenant à faire cohabiter l’animal jaune à pois noirs avec le style comique des ZAZ sans trop de problèmes. Les puristes seront peut-être déçus comme cela avait pu être le cas avec Mission Cléopâtremais, jugé sur ses seuls mérites, Sur la piste du Marsupilamiest un bon divertissement familial comme la France en produit que trop peu. Rien que pour cela, je salue la ténacité et l’audace d’Alain Chabat. Quant à savoir si cela sera économiquement payant, cela est une autre affaire. Florent Emilio-Siri en sait quelque chose depuis Cloclo…
Note finale : 7/10
Twitter : @frenchmovienerd
P.S.: Je sais très bien que les adolescents d’aujourd’hui ont une vie sociale si riche et si passionnante que ne pas utiliser leur téléphone portable pendant deux heures signifierait la fin du monde mais, par pitié, si le film ne vous intéresse pas, n’y-a-il donc pas d’autre activité moins gênante pour les spectateurs ? Vous pouvez par exemple dormir (sans ronfler si possible) en comptant les moutons ou les marsupilamis, chanter dans votre tête les airs de Céline ou bien encore jouer mentalement au pendu avec votre double maléfique pour les schizophrènes en puissance.
J’aimerais commencer cette critique par quelques remarques préliminaires en forme d’aveu. Je suis très – trop – bon public et si certains voient le cinéma comme un art et d‘autres comme un divertissement, j’ai toujours considéré que les deux visions n’était pas nécessairement irréconciliables. Le cinéma, c’est un peu comme la cuisine : l’être humain a parfois besoin de mets délicats et raffinés qui émerveillent ses sens et, parfois, il recherche juste le McDo le plus proche qui sera capable de le rassasier même si cela a pour conséquences une mauvaise digestion, une sensation de faim renaissant que par trop rapidement et un sentiment de culpabilité se transformant en une arrière-pensée teintée de mille regrets : « Pour 8 euros, n’y avait-il vraiment pas quelque chose de plus équilibré dans le coin ? » Tout cela pour finalement y retourner la semaine d’après…
Lorsque j’étais en seconde, un de mes professeurs nous demanda quelle était la principale différence entre un restaurant trois étoiles et McDonalds. Un de mes camarades, qui a depuis atteint un rang presque mythique dans mon esprit, répondit avec grand aplomb « le nombre de couverts ». Cela récapitule parfaitement ce que j’essaye de vous dire finalement : ce gouffre entre art et divertissement n’est peut-être pas si énorme que cela. Voilà pourquoi un individu peut se faire l’intégrale Kurosawa puis visionner Transformers 3…deux fois. C’est justement cette variété qui me fait aimer le cinéma. Mon côté bon public transparaît sans doute un peu trop à certains moments (je conçois tout à fait que l’on puisse douter de ma santé mentale après que j’eus refilé la moyenne à Ghost Rider 2) mais cela reflète l’état d’esprit de ce blog que j’espère être honnête (souvent), drôle (parfois) et juste (toujours).
Et puis, soudainement, une chose venue de l’autre côté de notre bon vieil océan Atlantique débarque et parvient à ébranler ces belles certitudes. Cette chose, c’est La Colère des Titans, suite du remake du Choc des Titans sorti en 2010. Bon, je le dis tout de suite : ce film est un foutoir doublé d’un foutage de gueule. Cette Colère des Titans mérite donc de subir Le Courroux de Vincent. Rassurez-vous, la troisième personne, ce n’est pas destiné à devenir une habitude.
Le Choc des Titans de Louis Leterrier était déjà un très mauvais film. Non seulement sa qualité était des plus relatives mais en plus le film a sans doute montré ce que la 3D pouvait incarner de pire dans le système hollywoodien, à savoir le cynisme et le mépris vis-à-vis de ses consommateurs. Si vouloir ressortir du formol un film aussi 80’s que Le Choc des Titans était déjà une drôle d’idée, vouloir donner une suite au remake avait tout de la folie furieuse. Folie toute mesurée une fois que l’on rappelle que le film de Leterrier avait rapporté un demi-milliard de dollars. Pour cela, je suis prêt à faire œuvre d’expiation de mes péchés de spectateur trop peu regardant sur la qualité de la marchandise.
A la barre de ce projet se trouve Jonathan Liebesman, réalisateur de Massacre à la tronçonneuse – le commencement et de Battle : Los Angeles, deux films que je n’ai pas vu et qui ne m’ont été conseillé par aucun membre de mon entourage – il faut dire que je suis très minutieux dans le choix de mes amis, même sur Facebook. Sam Worthington (Persée), Liam Neeson (Zeus) et Ralph Fiennes (Hadès), les trois acteurs principaux du Choc des Titans, reprennent du service et embarquent pour une aventure affligeante que l’on souhaiterait pouvoir effacer de leur filmographie.
Après avoir vaincu le Kraken, Persée vit sa vie de pêcheur dans un coin reculé de la Grèce avec son fils Hélios. Son père Zeus lui annonce alors qu’un danger guette : Cronos, emprisonné dans les Enfers, serait sur le point de s’échapper avec l’aide d’Hadès qui est lui-même secondé d’Arès (Edgar Ramirez). Lorsque ces deux joyeux lurons parviennent à capturer Zeus, Persée prend enfin conscience de sa responsabilité en tant que demi-dieu et décide de se secouer les puces. Ainsi commence le voyage jusqu’au bout des Enfers…
Rapidement, juste en passant, je citerais deux qualités de La Colère des Titans : la 3D et certains plans visuellement intéressants. De manière assez surprenante, la 3D est convaincante et n’est pas avare en effets de projection qui ont le mérite de réveiller le spectateur somnolent – s’il n’a pas encore plié bagages. Ajoutez à cela deux ou trois plans majestueux où Liebesman parvient à communiquer le caractère supposé épique de son film et vous aurez un récapitulatif exhaustif des points positifs du film.
Tout, je dis bien tout le reste est d’une nullité qui ne peut qu’interloquer. Où sont donc passés l’épopée, l’aventure, le souffle de la bataille et le danger de la rencontre avec les monstres ? Ce qui interpelle dès le départ dans La Colère des Titans est l’absence totale de volonté de raconter une histoire et de faire vivre les personnages qui sont réduits à n’être que de la chair à défourailler un bestiaire à faire pleurer de rire. Tous les dialogues sont d’une médiocrité remarquable avec une petite pensée particulière pour l’échange entre Persée et une vieille femme le soignant qui doit faire partie des répliques les plus mauvaises jamais écrites pour le cinéma. Lorsque les dialogues ne servent qu’à décrire où à récapituler ce qui se passe à l’écran, c’est que quelque chose doit clocher quelque part.
Autre échec incroyable par ses proportions : le film est par instants incompréhensible et certaines transitions entre les scènes donnent l’impression que le projectionniste a dû oublier une bobine - mon cinéma étant passé au numérique depuis longtemps, cette explication ne tient pas. Par exemple, si vous décidez malgré tout de vous infligez le visionnage, vous remarquerez sans doute que la construction du passage où Persée et ses compagnons doivent rejoindre les Enfers en empruntant un labyrinthe conçu par Héphaïstos n’a ni queue ni tête.
Tout cela ne serait pas trop emmerdant si Liebesman assurait un minimum dans les scènes d’action en nous offrant de la baston un tant soit peu excitante. Là encore, le film est un plantage dans les grandes largeurs. Du côté du bestiaire, le film est plutôt avare en monstres charismatiques quand ils ne sont pas tout bonnement ridicules comme les cyclopes ou le pauvre truc ressemblant à un minotaure dans le labyrinthe mentionné précédemment. Pour être juste, le design de Cronos parvient à rehausser un petit peu le niveau. Et puis, quand action il y a, Liebesman nous livre des scènes de bataille ridicules et moches. Le finale, censé être spectaculaire, se résume à dix minutes se terminant par un match de catch entre Arès et Persée et à un cameode Cronos qui est renvoyé dans son trou aussi rapidement qu’il est apparu. Parmi les bobines oubliées dans les studios Warner se trouve peut-être un film d’aventure correct mais on n’en voudra à personne de ne pas les rechercher à tout prix.
Et puis, au milieu de ce marasme, il y a des acteurs. Tous sont uniformément mauvais mais, en même temps, comment aurait-il pu en être autrement avec des répliques pareilles ? Certaines performances font cependant plus mal au cœur que d’autres. Je pense tout particulièrement à Edgar Ramirez, le génial Carlos dans la série d’Olivier Assayas, qui doit sans doute regretter de n’avoir vu que trop tardivement la vidéo de Jean Dujardin se moquant des rôles tenues par les acteurs étrangers à Hollywood. Ramirez aurait eu toute sa place dans cette parodie tant il incarne ce stéréotype. Aussi mauvais soit-il, la palme revient à Rosamund Pike qui est à deux doigts d’accéder aux portes du nanar tant son jeu est hallucinant. Avec en plus ses acteurs qui ne font aucun effort pour gommer leurs différents accents, La Colère des Titans mériterait bien d’avoir sa place réservée sur Nanarland.
Note finale : 2/10.
Twitter : @frenchmovienerd
P.S. : je suis d’une infinie tolérance mais, par pitié, si vous entendez à la fin de la projection quelqu’un dire à son pote que La Colère des Titans était « pas mal », ne faîtes pas comme moi qui ai fait semblant de ne rien entendre par lâcheté. Voici la conduite à suivre : pointez-le du doigt et faîtes « Ah ah ! » comme Nelson dans Les Simpson.
La bande-annonce est plutôt bien foutue par contre. Comme pour le Choc des Titans…
Voila, comme ceci !
Grandir est un processus qui n’est pas toujours des plus simples. Il faut parfois quitter sa famille, ses amis et changer ses petites habitudes pour entamer une nouvelle vie dans un cadre différent. Si cela se passe sans dommage pour la majorité, d’autres ont plus de difficultés et ont du mal à abandonner leur jeunesse passée bien trop rapidement. Qui pourrait les blâmer et leur jeter la première pierre ? Qui pourrait pointer du doigt ceux qui pensent encore avec nostalgie à leurs années de lycée, aux goûters où Pépitos et Savane s’entrechoquaient puis se mêlaient après l’ingurgitation d’une bonne rasade de Coca-Cola ? Ah, l’insouciance ! Ah, la liberté ! Et puis il faut revenir à la réalité…
Pour Mavis Gary (Charlize Theron), choisir son camp entre la nostalgie et la réalité n’est plus vraiment un choix : la nostalgie l’a emporté haut la main. Installée à Minneapolis, elle écrit des romans pour la jeunesse ou plutôt pour les jeunes adultes (d’où le titre Young Adult) dont l’action se passe dans le lycée fictif de Waverley. Son éditeur lui apprend cependant que la série s’arrête et que le manuscrit qu’elle doit livrer sera le dernier. En plus de cette catastrophe professionnelle, Mavis reçoit un mail annonçant la naissance de la fille de son ex Buddy Slade (Patrick Wilson), son copain du lycée. Ni une ni deux, Mavis prend sa voiture et se rend dans le bled paumé de son enfance avec une seule idée en tête : séduire de nouveau Slade.
Young Adult est la seconde collaboration entre Jason Reitman et la scénariste Diablo Cody après Juno, film pour lequel cette dernière avait eu l’Oscar du meilleur scénario original. Et autant dire que l’on reconnaît très vite la patte des deux auteurs sur Young Adult. Le film est d’abord l’occasion pour Charlize Theron d’incarner formidablement l’un des personnages les plus imbuvables et les plus pathétiques de ces dernières années. Obnubilée par son passé de reine du lycée de Mercury et très loin du monde glamour des pubs Dior qu’elle adore, Theron est ce que l’on pourrait définir élégamment comme une pétasse patentée dont l’égoïsme et l’aveuglement la mettent complètement à l’écart. Par certains côtés, Mavis Gary possède certains points communs avec les personnages qu’incarnaient Aaron Eckhart et George Clooney dans les précédents films de Reitman Thank You For Smokinget In the Air. Cependant, Mavis représente sans doute le summum de la méchanceté parmi ces personnages moralement discutables.
Il a souvent été reproché à Cody et Reitman d’incarner un cinéma indépendant faussement politiquement incorrect et qui au final débouchait sur un message rentrant toujours dans les clous de la pudibonderie. Ce reproche, j’ai pu le lire une nouvelle fois dans certaines critiques de la presse écrites sur Young Adult. Et je trouve que, pour une fois, ces critiques n’ont pas de véritable fondement. Certes, la petite famille de Buddy Slade est présentée de manière angélique et bienveillante. Certes, la volonté de détruire ce couple par Mavis est toujours tournée en ridicule à juste titre. Malgré tout, les deux côtés semblent être renvoyés dos à dos par Reitman dans un dialogue final dans lequel le message du film perd en clarté ce qu’il y gagne en subtilité. Ces gens simples sont-ils réellement heureux où le sont-ils parce qu’ils n’ont jamais connu autre chose ? Après tout, pourquoi faudrait-il prendre parti pour l’un des deux camps ? Faut-il réellement choisir entre Mavis et son sentiment de supériorité très mal placé et Buddy qui n’a jamais eu la moindre ambition ? Chacun verra midi à sa porte et l’absence ou du moins la discrétion du message qui n’est pas asséné à coups de marteau marque une progression dans l’écriture pour Diablo Cody par rapport à Juno, un film qui m’avait irrité pour ne pas en dire davantage.
Le film vaut également par la qualité du personnage de Matt Freehauf incarné par un Patton Oswalt qui est à mon avis la véritable révélation de Young Adult. Handicapé suite à une agression qu’il a subie au lycée, Freehauf est un peu le geek de service dont les activités principales sont la création de G.I Joe et la distillerie de whisky fait maison. C’est sans doute le personnage le plus attachant du film et, paradoxalement, c’est le seul qui supporte la compagnie de Mavis Gary et qui se montre honnête avec elle. Car le problème majeur pour Mavis est sa beauté qui lui permet depuis sa jeunesse de se faire tout pardonner. Ainsi, non seulement Mavis refuse de voir la réalité en face mais en plus son entourage n’ose jamais réellement lui dire la vérité. En ce sens, tout le monde est un peu coupable de lâcheté et cette raison est suffisante pour voir le film comme une peinture d’un microcosme beaucoup plus équilibrée qu’elle ne semble être à première vue.
On peut néanmoins reprocher à Young Adultde ne jamais tenter de dépasser ce statut d’objet typique du cinéma indépendant avec ses personnages principaux dysfonctionnels qui ont tous au fond d’eux des secrets et des traumas qui expliqueraient et justifieraient leur comportement. Derrière la caméra, Jason Reitman respecte ces codes du milieu indépendant avec ses plans fixes filmés caméra à l’épaule même lorsque rien ne paraît le justifier. Par contre, avec Young Adult, le réalisateur entre dans des territoires encore plus sombres que ceux qu’il avait déjà explorés dans ses précédents films. Bien sûr, le film a par bien des moments une dimension comique et voir le personnage archétypal de la cheerleader finir de cette façon à indéniablement une dimension plutôt jouissive mais le pathétique finit par l’emporter sur toute autre chose.
La scène démontrant le mieux ce ton grinçant est la rencontre entre Mavis et Beth, la femme de Buddy, qui est enseignante pour des enfants avec des « besoins spéciaux », pour reprendre l’expression anglais. Elle indique alors à Mavis qu’elle leur apprend les émotions qu’ils ne parviennent pas à définir eux-mêmes grâce à un tableau de dessins représentant des visages ayant des expressions différentes. Mavis demande alors lequel est celui censé représenter les moments où l’on ne ressent rien. Beth ne comprend pas la question et Mavis est ramenée à sa condition. Mavis n’est pas qu’une garce égoïste : c’est en fait une malade mentale incapable de la moindre empathie qui doit boire son Coca chaque matin pour masquer les effets de ses cuites quotidiennes (pas de Pépitos ni de Savane à l’horizon malheureusement).
Young Adult est donc assez bizarrement un film plutôt subtil mais qui manque en même temps de légèreté. Il a toute sa place dans la filmographie de Reitman mais on espère qu’il marque le point culminant dans la catégorie des personnages misanthropes et détestables car, au point où l’on en est, il serait difficile de créer un personnage plus antipathique que Mavis Gary sans que le spectateur ne le rejette en bloc. En soi, avoir transformé Charlize Theron en une telle chose est un exploit admirable mais entre parvenir à le créer et à en faire une héroïne capable d’intéresser le public pendant 1h30, il y a un précipice que Reitman ne parvient à franchir que laborieusement. Attendons de voir le prochain projet du réalisateur pour voir s’il change de registre ou s’il se décide à persuader dans cette voie. Dans le second cas, on peut penser que la suite logique serait qu’il nous concocte un film d’horreur adoptant le point de vue d’un seria… d’un serial-kil…d’un tueur en série.
Note finale : 6/10
Twitter : @frenchmovienerd