Nom du blog :
marredescritiquesalacon Description du blog :
Dans le monde du cinéma, certains pensent que le génie est héréditaire. Les autres ont des enfants.. Description audio !
Catégorie : Blog Cinéma Date de création :
24.05.2006 Dernière mise à jour :
07.06.2008
Aujourd’hui, c’est le début des vacances pour de nombreux élèves. Et qui dit vacances dit voyage. Pourquoi ne pas suivre les traces de Benoît XVI parti aux Etats-Unis afin de prêcher la bonne parole tour à tour devant l’ONU, les juifs, George W.Bush ou faire un show immense au Yankee Stadium ? En voilà une idée qu’elle est bonne car, en plus de faire le pèlerinage, vous pourrez baigner dans l’ambiance électrique de la campagne électorale où les Démocrates viennent de faire leur 21ème débat télévisé. C’est beaucoup et on apprend quasiment rien à chaque fois même si pour l’occasion Hillary s’est fendue d’un compliment sur Obama en disant qu’il était présidentiable. Quoi ? Un mec qui se présente aux élections présidentielles et qui peut devenir président ? Il faut tout de suite arrêter cette mascarade ! Dans un grand bain d’hypocrisie, Obama et Clinton ont également dit envisagé la possibilité improbable d’un possible billet Obama-Clinton au mois de novembre (ou Clinton-Obama, choisissez votre camp). Et pendant ce temps-là, au parti républicain…
Si vous n’aimez pas les Etats-Unis, vous pouvez toujours faire un tour en Martinique en l’honneur d’Aimé Césaire ou bien aller en Chine pour…Erreur !!! Il ne faut pas aller en Chine non pas parce qu’il faut boycotter le pays pour montrer son attachement au Tibet, une région garée entre l’Inde et le Népal, mais parce que vous risquez d’être molesté, battu, emprisonné, baillonné, tué et insulté (évidemment, en réalité, ça ne se passe pas dans cet ordre pour des raisons pratiques) par une frange de la population chinoise manifestant et appelant au boycott des produits français après les événements qui se sont déroulés lors du passage de la flamme à Paris. Même si nos produits exportés dans ce pays se limitent aux marques de luxe, aux bagnoles et aux hypermarchés Carrefour, c’est malgré tout préjudiciable. L’ambassadeur de France, dans une volonté de rétablir des liens respecteux avec la Chine, s’est donc excusé pour les troubles causés par les Français. Et oui, nous ne sommes pas à un paradoxe près : c’est à nous de nous excuser pour notre comportement. Ils sont trop forts ces Chinois !
Il fut un temps où des problèmes de voisinage comme celui évoqué ci-dessus se réglait à coups de revolver sans avoir beson d’appeler Sans Aucun Doute. Ce temps, c’était le Far West, une époque devenue mythique pour de nombreuses personnes grâce au cinéma de John Wayne, Sergio Leone et autre Clint Eastwood. Et puis à la fin des années 60 est arrivé Sam Peckinpah avec La Horde Sauvage qui marqua la fin quasi-définitive du genre et du mythe « westernien ». En 1992, Clint Eastwood surprend donc tout le monde en réalisant Impitoyable, sa propre fin de la vision romantique que l’on peut avoir sur cette époque après Pale Rider.
1880. A Big Whiskey dans le Wyoming, une prostituée se fait tailladée le visage par un cow-boy ivre. Le shériff local leur demande en réparation sept chevaux à donner au propriétaire de la maison close. Seulement, les autres prostituées trouvent cette sentence beaucoup trop faible et elles mettent un contrat de 1000 $ sur la tête du cow-boy et de son frère. William Munny, un ancien tueur, entend parler de ce contrat par le Kid de Scofield. Ayant besoin de l’argent, il accepte de reprendre du service malgré le dégoût qu’il ressent pour la violence depuis qu’il a rencontré sa femme qui est depuis décédée…
Impitoyable marque donc la fin de l’histoire unissant le western à Clint Eastwood qui l’avait rendu populaire avec la trilogie du dollar de Leone. Le film d’Eastwood se veut beaucoup plus intimiste que les films de Leone et le réalisateur-acteur montre tous ses talents de conteur d’histoires fortes. Avec Impitoyable, Eastwood se montre ironique envers les héros de l’Ouest, lui-même et l’être humain en général. Ironique envers l’Ouest car les personnages qu’il nous montre sont des menteurs éhontés (English Bob, le Kid de Scofield) ou des vieux devant subir leur gloire passée (William Munny). Le grand Clint se moque de lui-même et de son âge avec le personnage de Munny qui se trouve incapable de monter sur une selle ou d’atteindre une boîte de conserve avec un revolver. Enfin, et c’est sans doute le propos le plus fort du film, le réalisateur peint un portrait de l’homme ultra-pessimiste. La fin est un modèle de désenchantement envers le genre humain, semblant dire qu’un homme ne peut pas changer et qu’il ne peut aller contre sa propre nature. Dans Impitoyable, il n’y a pas de duel au soleil reprenant les règles de la chevalerie : un coup de feu a toujours lieu lorsque la cible est aux toilettes, a une arme défectueuse ou est le dos tourné. Même le shériff, incarné par Gene Hackman, ne peut s’empêcher de s’attacher les services d’un biographe ou de frapper un homme à terre. Impitoyable est donc bel et bien un western crépusculaire moins violent graphiquement qu’il ne l’est psychologiquement.